Première Interview : Le Gus’t

 

Le gus’t c’est avant tout une histoire de famille : un père, sa fille, et son fils Amaury, passionnés par le vin et les spiritueux, dont le whisky et le rhum.
C’est aussi six caves : Une à Manosque bien sûr, une à Aix en Provence, 3 à Marseille et une dernière à Destrousse. Mais c’est aussi une marque d’embouteillage indépendant (Le Gus’t), à laquelle on va s’intéresser plus particulièrement. Rencontre avec Amaury, qui m’a fait l’immense plaisir d’accepter de répondre à mes questions.

 

– Je crois savoir que c’est ton père passionné de whisky qui t’a transmis le virus, ainsi qu’à ta sœur. Sais tu comment lui est venue cette passion ?

Mon père est avant tout un passionné de bonnes choses. Il aime les plaisirs de la vie depuis toujours. De mon coté, la passion des whisky a commencé très jeune. Je collectionnais dès mes 6 ans, les boîtes que les clients ne prenaient pas lorsqu’ils achetaient des bouteilles. Ma chambre était recouverte de vieux Springbank ou autre Macallan Full Proof. Je crois pouvoir dire que dans la famille, la table est notre élément rassembleur.

– Dans la famille, qui fait la sélection ?

Les sélections se font toujours ensemble. Nous partons régulièrement en Écosse visiter des chais. Pour qu’un whisky ou Rhum soit sélectionné, il faut nos 3 approbations. Nous n’avons jamais embouteillé un fût qui ne satisfait pas l’un d’entre nous.

– Dans le milieu, on entend souvent que les stocks de vieux whiskys écossais sont très bas, que beaucoup d’indépendants ont du mal à acheter des fûts : est-ce que tu as ressenti ce phénomène ? Rencontres-tu toi aussi des difficultés dans l’achat de fûts ?

Nous n’avons jamais connu de périodes fastes et c’est peut-être mieux ainsi. Il est difficile de trouver des fûts, certes, mais possible. Notre façon de travailler en se rendant sur place nous a permis de rencontrer énormément de personnes. De nouvelles portes s’ouvrent à chaque voyage. Pour répondre à la question, je dirais qu’il nous est de plus en plus facile d’y avoir accès. En revanche, cela demande beaucoup d’obstination pour trouver « le fût ».

– Pour sélectionner le fût, comment faites-vous ? Avez-vous déjà une petite idée des distilleries à voir ? Vous propose-t-on une sélection de fûts dans les distilleries ?

Nous ne savons jamais à l’avance. Nous savons ce que nous aimerions embouteiller mais si un autre fût moins coté mais meilleur est possible, nous prenons. Les premières années, nous partions en Écosse sans RDV. Nous tapions aux portes comme nous faisons pour le vin. Vous n’imaginez pas la surprise dans les distilleries et les refus.

Avec les années et à force de nous voir, on commence à faire partie du paysage, les portes des chais s’ouvrent.
Il arrive aussi d’aller dans les chais de broker. J’adore ce moment où l’on se promène et que l’on découvre les noms des distilleries et les années. Il n’y a plus qu’à choisir ce que l’on désire goûter. Il y a toujours une part de chance pour trouver « les perles ».

– Vous voyagez beaucoup pour rechercher les fûts ; avez-vous quelques anecdotes à nous raconter, bonnes ou mauvaises ?

Pour les bonnes choses, il y a évidement la chance de pouvoir goûter un Port Ellen, un vieux Bowmore encore en fût. Ce n’est arrivé qu’une fois mais cela reste un moment inoubliable.
Le plus beau reste quand même ce magnifique plateau de fruit de mer, au pub de port Charlotte. Réservé la veille, péché le matin même… Un pur bonheur ! Surtout lorsque c’est accompagné d’un très beau port Charlotte tiré d’un fût le jour même.

– Je crois que vous appréciez beaucoup Glenfarclas dans la famille et j’ai vu que tu avais proposé une version de Glenfarclas 9 ans d’âge 56,8%, plébiscitée par Serge Valentin avec 89/100 pts : joli score ! C’est une reconnaissance et un joli coup de pouce, non ?

Ce Glenfarclas, notre chouchou…
Avoir eu l’opportunité et la chance de sélectionner un Glenfarclas qui finit dans la grande famille des Family cask a été un réel bonheur. Nous aimons tous cette distillerie dans la famille.
Avoir rencontré George et son maître de chais puis partagé la visite des chais de vieillissement à la recherche d’un fût a été génial. Ce n’était seulement que notre second voyage en Écosse.
En ce qui concerne le 89 de SV, c’est une très belle reconnaissance qui est arrivée juste après le 90 de notre Bowmore. Quant aux autres fûts, les notes sont toujours aussi belles.
Le Ledaig a obtenu 95,5 pts dans la Bible, a été classé parmi les meilleurs wiskies du monde. Vivement la suite !

– Le monde du whisky et du Rhum bouge beaucoup depuis quelques années, avec le succès des Japonais, des Taiwanais, de Velier… Est ce qu’il y a des distilleries dont tu surveilles de près l’évolution ? Ou une pépite passée inaperçue ?

Coté whisky, nous adorons Amrut. C’est pour nous une des distilleries d’avenir. Nous devrions normalement partir la visiter d’ici peu. Il y a aussi Glasgow Distillery qui sortira son premier whisky en Septembre.
Nous avons de très bonnes relations avec Liam, le patron. C’est chaque année un plaisir de goûter leur New Make et de suivre l’évolution des fûts.

Pour le moment, c’est très bon. Nous sommes très curieux de goûter leur travail d’assemblage pour le tout premier batch.

– Les prochains embouteillages Le Gus’t, c’est pour quand ? Et si on peut être un peu indiscret, à quoi doit on s’attendre ?

Il y a dans les cordes au moins 2 whiskies vieux speyside et un autre qui provient de l’Est. Nous ne pouvons malheureusement en dire plus.

Côté Rhum, c’est plus long. Il devrait y avoir un autre d’Amérique du sud ou centrale. Lorsque le fût vieillit sur place, tout est plus long pour la mise en place et le rapatriement. Nous avons mis 18 mois pour le Demerara 2002.
Nous espérons que ce sera quand même plus rapide, mais quand nous recherchons le meilleur, il y a toujours quelques inconvénients.

Dans tous les cas, l’avenir des embouteillages « Le Gus’t » est de bonne augure et l’envie est là plus que jamais.

2 réflexions au sujet de « Première Interview : Le Gus’t »

  1. Merci beaucoup, je suis impatient aussi.
    J’espère que cela ira plus vite que pour le Demerara. Il nous a fallu 18 mois pour que tout se mette en place, du Guyana à la mise en bouteille!
    Il y a dans les cordes un autre fût vieilli sur place, dans un autre pays moins connu. Reste à savoir le temps que cela va mettre!

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