Dégustation des rhums Samaroli 2017 Partie I

Dégustation Samaroli :

Carribean Blend :

Au nez, des notes de solvant, d’alcool apparaissent au début. Le marzipan, le caramel font leur apparition, mais l’alcool est pour moi un peu trop présent au nez. Avec un peu plus d’ouverture, une touche de violette apparaît. 

En bouche c’est frais, rond, l’alcool est bien intégré. Une légère pointe de violette apparaît et toujours un côté pâtissier. Finale un peu courte, mais sans agressivité, dans la même lignée que la bouche.Un rhum agréable sans prétention, mais qui reste élégant et facile à boire. Seul le nez pour moi est un peu en dessous, et c’est bien dommage.

Note : 81

Rapport qualité prix :/ 4

Tinidad 1999

C’est très frais au nez: ananas, fruits tropicaux, notes épicées. L’alcool est plutôt bien intégré, c’est sympa mais assez timide à l’ouverture. Après un peu d’ouverture, les 

arômes s’intensifient, le style West Indies Distillery apparaît clairementEn bouche, beaucoup de fraîcheur, de la rondeur, du bois de santal, des épices et un peu de poire rôtie pour finir. Du caractère, une finale assez musclée. La dilution à 45% le rend pour moi, moins écoeurant, plus équilibré que des versions comme chez Rum Cask à 57,6%.

Je n’ai pas trop de critique à faire dessus, dans l’ensemble c’est plutôt bien fait. Il me manque peut être un peu plus de complexité.  

Note : 84

Rapport qualité prix : /4

Demerara 1998

Le nez est clairement plus flatteur que les deux autres. On reconnaît tout de suite Uitvlugt. C’est un mélange de canne fraîche, d’arôme de café, le tout légèrement mentholé. Un très, très joli nez en tout cas, avec un alcool bien intégré.

En bouche le café est très présent un peu de caramel, de la rondeur. Les 49,5 % apportent le punch nécessaire, tout en gardant un bon équilibre.
La finale est assez tenace, suffisante pour vouloir y replonger les lèvres.
Je ne suis pas un grand amateur de Uitvlugt, mais je dois avouer que celui-ci est vraiment plaisant, avec un profil très changeant lors de la dégustation. Difficile à cerner à l’instant T, mais plaisant à chaque fois. Une vraie réussite.

 

Note : 88

Rapport qualité prix :/4

Demerara Vertical 2003-2004 

Un nez assez délicat, avec un arôme de Kirsch, de Fouin de Gingembre. C’est sympathique, avec un alcool bien intégré. 

En bouche, on est dans la même trame. La réglisse prend un peu le dessus sur le gingembre. La dilution se fait un peu sentir, mais ne fait pas perdre le caractère de ce Demerara. La finale est moyennement longue, mais non sans caractère.

Note : 86

Rapport qualité prix : /4

Demerara 2005 Dark Rum  

Un nez surprenant d’herbe fraîchement coupée, de la pomme, et un arôme de poire. Avec un peu d’ouverture on est plus sur l’ananas, le miel même si la poire reste là.  En bouche c’est la poire bien juteuse et un peu rôtie qui ressort. C’est vraiment très bien fait. Fin, gourmand, suave, il manque peut être quelques degrés pour vraiment prendre plus de plaisir et une finale un peu moins courte. C’est dommage car il manque peu de choses pour grimper d’un cran! 

Note : 85

Rappport qualité prix /4

Merci à la Boutique du Chemin (Belgique) pour les échantillons, et leur gentillesse.

Rencontre avec Benjamin Kuentz, un embouteilleur de whisky français pas comme les autres

 

Voici ma deuxième interview, réalisé avec Mr Benjamin Kuentz. Pour la petite histoire j’ai connu Mr Kuentz lors d’une visite dans une cave à St Renan petite ville du finistère. Mr Kuentz était présent pour faire découvrir ces produits au caviste. Je l’ai entendu un peu parler de son projet, et je me suis dis c’est original comme idée ! Je n’avais pas entendu son nom, et le caviste était incapable de me le dire, étant peu emballé par l’idée. Ce n’est que plus tard que j’ai fais le rapprochement. Le projet me semblant intéressant, j’ai décidé de contacter Mr Kuentz pour une interview.

Q: Tout d’abord est-ce que vous pouvez nous parler de vous, Monsieur Kuentz, et de votre parcours ?Pouvez-nous nous raconter quand et comment vous est venue cette idée d’embouteiller des whiskys français ? Car c’est plutôt une idée audacieuse !

Copyright W.Beaucardet

R: J’ai 39 ans, vis à Paris et suis amateur de whisky depuis toujours. J’ai réellement découvert le whisky à l’âge de 20ans en 2001 lors de mes études à Montréal au Canada. Je passais alors plusieurs soirées par mois au pub écossais l’île noire à déguster des whiskies parmi les 140 qu’ils proposaient à la carte (que j’ai toujours avec moi d’ailleurs).
En sortant de mes études, j’ai choisi de diriger un restaurant pendant 1 an avant de travailler pendant 7 ans dans un grand groupe de spiritueux. J’ai ensuite créer la filiale française d’un institut d’étude pour mettre en place un outil de suivi de la consommation de boissons en CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants).
J’ai en tête de lancer mes whiskies français depuis 8ans environ. A l’époque, je m’étonnais que les français, premiers amateurs et consommateurs de scotch whisky au monde, aient une production de whisky limitée malgré leur savoir-faire reconnu mondialement en matière de vins et spiritueux. Il fallait y remédier. Fort de notre terroir et de notre diversité régionale, nous avions forcément notre interprétation à donner en matière d’eau de vie de céréales.
J’ai donc choisi en 2016 de me mettre à plein temps sur ce projet et d’engager un tour de France à la recherche de partenaires susceptibles de m’accompagner dans mon projet.
Au fur et à mesure des rencontres que je faisais, j’avais des envies de whiskies totalement différents en fonction des personnes et des savoir-faire que je rencontrais. Plutôt que de m’arrêter à créer un whisky qui venait d’une seule région et qui finalement était déjà très bien représenté, j’ai choisi de travailler en partenariat avec plusieurs producteurs pour créer des whiskies qui me représentent.
Mon souhait est de répondre à la question : « Si les français avaient inventé le whisky, qu’est ce que cela donnerait ?  » en proposant une gamme de whiskies complémentaires qui représente la diversité de notre savoir-faire et de notre terroir.

Q : Par ailleurs, qu’est ce qui vous a motivé à choisir un format 50cl ?

Copyright W.Beaucardet

R : j’ai choisi le format 50cl car je trouve que c’est un bon format pour découvrir un nouveau produit, d’autant plus dans une période où on privilégie le ‘consommer moins mais consommer mieux ». Par ailleurs, je souhaitais également garder un prix raisonnable et abordable que le format de 70cl ne me permettait pas d’atteindre sans rogner sur certains critères de qualité que je m’étais fixé.

 

Q: Pour l’instant à ma connaissance il y a 2 cuvées (Fin de partie et D’un verre printanier), qui sont issues d’une collaboration avec Rozelieures. Pourquoi cette distillerie en particulier pour vos premiers embouteillages ?

Copyright W.Beaucardet

R: Tout d’abord parce que j’apprécie leur travail et leur approche. Ensuite, c’est une histoire de rencontre et de partage qui permet d’aboutir à une relation de collaboration parfaite.

 

Q: Ce que j’aime bien savoir en général, c’est ce qui vous a amené à sélectionner un fût. Qu’est ce qui détermine votre choix, quels critères… ?

R: J’avance beaucoup en suivant mon intuition. Chaque recette est issue d’une rencontre, d’une histoire que je souhaite partager. Une fois la recette écrite sur le papier, je la partage avec mes partenaires et c’est un réel échange de co-auteur qui se met en place. Le choix de fût en découle naturellement.

Copyright W.Beaucardet

Q: Je sais que c’est difficile de répondre à cela car chaque distillerie a son propre style, mais dans vos recherches est-ce qu’il y a une distillerie française qui pour vous sort du lot ?

R: chaque distillerie a son mot à dire et apporte sa graine à l’écriture du whisky français. Il n’y en a pas une qui sort du lot plus que l’autre pour moi. C’est d’ailleurs cela qui m’a donné envie de travailler avec plusieurs d’entre elles. Je souhaitais garder la liberté de pouvoir créer des whiskies venant d’horizons différents au sein de ma gamme.

Copyright W.Beaucardet

Q: Pour l’instant quels sont vos retours de la part des professionnels et des particuliers ?

R: les retours sont très positifs de la part des professionnels comme des particuliers. Ils sont très agréablement surpris, curieux et sont avides de voir la suite.

Q: Maintenant concernant les prochaines cuvées, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Copyright W.Beaucardet

R: la prochaine cuvée sera un Single Cask qui viendra de l’Ouest de la France. Ensuite, c’est une affaire de temps. Certains projets que j’initie actuellement arriveront dans plusieurs années : Tout vient à point à qui sait attendre !

Page Facebook Benjamin Kuentz : @MaisonBenjaminKuentz

Instragram : maisonbenjaminkuentz

Ballade à Paris….

Que faire quand tu es de passage à Paris et que tu te trouves place de la Madeleine ?
Passer chez LMDW pour se rincer les yeux, évidemment! Malgré les nombreuses critiques que l’on entend sur LMDW, souvent à juste titre, il ne faut tout de même pas oublier une chose, c’est que LMDW en France a été un précurseur dans son domaine. Et cela reste une excellente adresse pour les amateurs de whisky, rhum et autres spiritueux.

 
On enchaine par un petit saut (pour la première fois) chez The Whisky Shop, autre grande et récente adresse en la matière. On me propose une dégustation Jack daniel’s et Woodford réserve, pourquoi pas ?!
 
 
Master collection white corn
Composé en majorité de maïs blanc, qui était à l’origine utilisé dans beaucoup de Bourdons aux Etats-Unis, ce maïs a été abandonné petit à petit du fait de son faible rendement. L’approche de cette cuvée est intéressante sur le papier : nous faire découvrir le maïs.
En dégustation, l’enthousiasme n’est hélas pas là !  On a une belle finesse et douceur en bouche typique du maïs. Malheureusement à part ça…pas grand chose à en dire. L’expérience était sympa, mais ce n’est pas pour moi.
Note : 80
Woodford reserve rye
Un rye composé en grand majorité de seigle (53%), de maïs (33%) et d’orge malté (14%).
Le résultat est plutôt pas trop mal réussi. Le nez est plutôt épicé, typique rye. En bouche c’est peut être plus accessible que la plupart des autres Rye. Moins sec, plus gourmand, avec une finale courte. Je pense que c’est possiblement le type de whisky facile pour découvrir le monde du Rye avec un rapport qualité prix tout à fait correct.
Note : 82
Jack daniel’s Franck Sinatra
L’histoire veut que Jack Daniel’s ait voulu rendre hommage à Franck Sinatra, grand amateur de Jack Daniel’s N°7.
Alors là tu te dis : ils ont du faire un super N°7 ! Eh bien non ! On a, selon moi, un profil bien différent. Un nez très frais sur la poire, la pomme. C’est rond en bouche, une bonne finesse, l’alcool est très bien intégré. Finale plutôt courte, mais l’ensemble est sans faute grossière, il manque par contre de la complexité. Ça reste un peu trop gentil pour moi. Disons que je n’ai pas été conquis par cette cuvée, dont je trouve le rapport qualité-prix très discutable.  Est-ce que vraiment, Mr Sinatra aurait aimé une cuvée comme cela? Je n’en suis pas si sûr…
Note : 81