Dégustation Scapa Gordon&McPhail 2005/2016 45%

Scapa Gordon&Mcphail 2005/2016 45% 

Nez : Sur l’iode, assez typique de Scapa. De la fraîcheur, un peu herbacé, et un peu fermé de premier abord. Avec un peu d’ouverture, les fruits prennent plus de place avec notamment le kiwi, mais aussi un peu de fruits exotiques. En revanche, l’alcool se fait trop sentir à mon goût, lui apportant un déséquilibre assez désagréable.

En bouche : l’attaque est plutôt douce, c’est même gourmand, huileux, il y a une certaine harmonie. En termes d’arômes, un côté légèrement beurré apparaît, laissant petit à petit des arômes de fruits secs, comme la figue. L’iode est plutôt discret et on finit avec un bel arôme de marzipan bien gourmand.  La finale est moyennement longue, et peu mémorable, sur une note chocolatée.

Un whisky qui pêche par un nez où l’alcool est un peu agressif, et une bouche qui peine un peu à marquer les esprits, malgré un bon équilibre et un côté gourmand. Il est clairement supérieur à ce que peut nous faire découvrir les versions officielles de Scapa et ça, c’est un bon point.

Note : 82

Rapport qualité prix : /4

Source Photo : LMDW

 

Interview avec Emmanuel Dron propriétaire du bar The Auld Alliance à Singapour

A l’occasion de la sortie du Livre « Collecting Scotch Whisky An Illustrated Encyclopedia Volume I « , écrit par Emmanuel Dron, propriétaire du bar renommé The Auld Alliance à Singapour, quelques questions pour nous éclairer sur cet ouvrage magnifique.

 Bonjour Monsieur Dron, nous avons récemment eu le plaisir d’entendre parler de vous lors de la publication de l’Encyclopédie. Avant d’en discuter plus en détail, pouvez-vous nous rappeler les grandes lignes de votre parcours? Comment passe-t-on de l’IUFM à l’univers du whisky?

En 1996 / 1997, j’ai fait un service civil. J’aidais des étudiants aveugles à l’université. J’avais beaucoup de temps libre, cela m’a permis d’avoir accès à des ordinateurs. C’était aussi le debut d’internet. J’ai créé en 1996 pendant mon temps libre, une newsletter  de 10 pages sur le whisky, ‘The Angel’s Share’. Je l’ai envoyée à Thierry Benitah de la Maison du Whisky et il m’a proposé de la vendre à la boutique d’Anjou. Quelques mois plus tard en avril-mai 1997, on s’est rencontré et il m’a proposé de rejoindre l’équipe de la Maison du Whisky.

Comment est né votre projet d’encyclopédie ?

 Il existe des centaines de livres sur les distilleries mais peu sur les bouteilles. Le seul livre existant était les deux volumes sur la collection de Valentino Zagatti. Le déclencheur a été une remarque d’un journaliste qui avait tenu des propos très réducteurs sur le travail de Samaroli. Je me suis aussi rendu compte que des personnes deviennent aujourd’hui Keepers of the Quaich parce qu’ils ont acheté quelques bouteilles à tarif exorbitant, mais des gens comme Silvano qui ont consacré leur vie à la promotion du whisky écossais, ne l’ont jamais été. Mon premier réflexe a été de faire des interviews de Pepi Mongiardino, Silvano Samaroli, Giorgio d’Ambrosio, Nadi Fiori, les Italiens qui ont été des précurseurs. Cela a été le début de l’aventure.

 C’est un travail énorme. Depuis combien de temps travaillez-vous sur ce projet? 

J’y ai consacré cinq ans. J’ai commencé doucement, en récupérant à chaque voyage des informations à droite à gauche, en interviewant des collectionneurs ou des embouteilleurs indépendants. J’ai pris aussi des milliers de photos de bouteilles.

 Il s’agit ici du tome 1. Avez-vous déjà une idée du nombre de tomes qui sont prévus? 

Probablement 3 volumes. Le premier couvre la période 19ième et 20ième  siècles. Le Volume 2 devrait idéalement couvrir la période 2000-2010. Dans le futur, probablement la période 2010-2020.

Dans votre ouvrage, vous donnez des indications permettant de distinguer une vraie bouteille d’une bouteille factice, et ce sur d’anciens embouteillages. En tant que propriétaire du bar The Auld Alliance, êtes-vous vous-même confronté à ce genre de problématique?

Oui bien sûr. On apprend en étant confronté à ce problème. J’ai eu notamment un faux Talisker 1947 35 Years Old G&M. Dans les interviews de collectionneurs dans mon livre, je pose la même question. Et tous ont eu des fakes. C’est un problème grandissant avec les prix des bouteilles rares aujourd’hui. Il faut vraiment faire attention. J’ai énormement appris durant ces cinq dernières années. J’ai fait notamment un gros travail d’étude du code sur les verres de bouteilles.

 On peut voir en couverture une étiquette d’un Port Ellen 12 ans de chez Samaroli. Pourquoi ce choix? Avez-vous voulu rendre hommage à Silvano Samaroli décédé il y a peu?

Oui mais la principale raison est que même le plus hardcore des collectionneurs se demandera “mais qu’est ce que cette étiquette” !! Je l’ai trouvée dans les archives de Silvano. Il n’a a priori pas pu l’utiliser. Il a toutefois quand même embouteillé ce Port Ellen 12 ans mais sans pouvoir indiquer Port Ellen sur l’Etiquette. Ce Port Ellen 12 ans est l’une des bouteilles les plus rares de Samaroli. C’est aussi le seul Port Ellen Cask Strength embouteillé par un embouteilleur indépendant quand la distillerie était toujous active. C’est une étiquette magnifique avec une histoire.  Quand je l’ai trouvée je savais que je l’utiliserais pour la couverture.

 Vous interviewez les plus grands collectionneurs dans le monde. Avez-vous une anecdote à nous raconter sur ces rencontres ?

Le whisky est un formidable vecteur de passion et d’amitié. Toutes les personnes présentes m’ont accueilli à bras ouverts.