Dictator, Zacapa, Don Papa et blablabla…

Dans une société où le consommateur souhaite de plus en plus de transparence face aux dérives des industriels, pourquoi le milieu du rhum ne se mobilise-t-il pas ?

En effet, un excellent article de Du Rhum.com a mis en lumière ce secret de polichinelle : certains rhums seraient modifiés pour en améliorer le goût.

Dans l’industrie alimentaire, cela est monnaie courante donc il semble finalement assez logique que cela se retrouve dans un produit comme le Rhum, dont la législation est assez souple.

Le rhum souffre d’un manque évident de transparence. La Martinique et la Guadeloupe ont fait avancer les choses en créant une AOC pour la Martinique et une IGP pour la Guadeloupe. Plus récemment, Luca Gargano ( Velier) et Richard Seal (Foursquare) ont tenté de faire évoluer la législation en proposant une classification plus claire des rhums selon leur méthode de distillation. Mais cela reste trop anecdoctique dans le milieu.

Cela ne répond pas aux attentes des consommateurs qui aimeraient certainement être informés d’un éventuel ajout de glycérol par exemple, un agent permettant d’améliorer la texture du rhum et de lui apporter un côté sucré. Même chose avec la Vanilline…etc etc…. 

Le succès des Zacapa, Don Papa, et autres Diplomatico ne serait dû qu’à une dérive des industriels souhaitant convertir aux rhums une clientèle non informée.

Imaginez, je distille un produit de faible qualité en gros volume, auquel je rajoute un peu de glycérol, un peu de Vanilline, le tout dans un pays à faibles coûts de main d’oeuvre, et à coup de bonne communication marketing, et hop le tour est joué ! J’obtiens un rhum à faible coût et très rentable, tout ça en ayant oublié d’être transparent! Et comme la législation n’est pas très contraignante en la matière et que l’on s’adresse à une clientèle peu informée, tout cela passe aisément…

 
Les consommateurs adorent ça, et c’est fait pour ! Au fond, un Diplomatico, un Zacapa et compagnie ne sont pas imbuvables, mais si l’on retirait les éléments permettant d’améliorer le goût, le seraient-ils toujours? de nombreuses fois, j’ai pu entendre en magasin, « le Zacapa c’est formidable, le Diplomatico j’adore »…. Dans un sens je ne disais rien, considérant tout simplement que ces références permettaient d’amener certains clients au monde du rhum et c’était pour moi le seul point positif que je voyais avec ces produits. Dans certains cas, ils sont un tremplin pour accéder au vrai rhum. J’ai souvenir d’une remarque d’un client qui critiquait un caviste embouteilleur sur google, car il lui avait conseillé du Botran plutôt que du Diplomatico ou du Don Papa; les bras m’en sont tombés. Pas tant que je considère Botran comme étant spécialement plus vertueux, mais simplement parce que je pense que la teneur en sucre y est clairement plus basse. Or, comme dans l’alimentation, le sucre a un rôle bien précis, celui de modifier le goût initial, de rendre les clients addicts au produit et de réduire les coûts de fabrication. Le consommateur aurait-il eu la même réaction s’il avait été informé en amont? N’aurait-il pas dit : je me suis fait avoir avec ces rhums, je vais peut-être goûter un bon martiniquais ou découvrir un Hampden ou autre? Peut-être ou peut être pas, mais dans tous les cas, il aurait goûté le produit en toute connaissance de cause. 

Je ne pourrais que conseiller aux personnes qui souhaitent voyager dans ce monde fabuleux du rhum, d’aller vers leur caviste ou sur les sites spécialisés, d’aller s’informer plutôt que d’attendre qu’on leur serve simplement un produit créé de toute pièce. Des distilleries comme Hampden, Foursquare, Long Pond, Demerara font des chosses fabuleuses avec la mélasse et il est dommage de perdre son temps avec des rhums comme Diplomatico, Don Papa, Zacapa ou Dictator qui faussent la percéption du rhum. Même si, je le répète, ces rhums ont quand même le mérite d’avoir permis à une nouvelle génération de s’intéresser au Rhum et ça, c’est vraiment un point positif.

 

« Cet article participe à l’évènement interblogueurs “Les produits spiritueux trafiqués, le ras-le-bol et comment les éviterorganisés par le blog Rhum et Whisky. Cet article participe donc à un projet d’information des consommateurs pour mieux savoir ce que l’on a dans le verre ! »

 

Ma « Rhumliste » de noël

Après les whiskys, voici les rhums ou rums ou rons. Une petite sélection de bouteilles sympa à offrir ou se faire offrir.
Neisson 105 profil 54,2% :
C’est pour moi le meilleur rapport qualité prix actuellement en rhum. Alliant élégance et gourmandise avec une personnalité bien trempée, il ravira les amateurs de rhum agricole.
Caroni 21 ans  57,2% : 

Dans le même esprit que le 17 ans, il s’avère plus affiné que son petit frère
et permet pour moi d’apporter une place plus importante aux arômes de fruits secs. Si certains regrettent cette moindre puissance, ce n’est pas mon cas, bien au contraire !
Hampden LROK 67% :
Pour son excellent rapport qualité prix.  Les Habitations Velier Hampden sont vraiment à avoir si l’on aime
Hampden.
Chantal Comte 2006 57,7% :
J’ai eu l’occasion pour mon blog de faire une dégustation détaillée de ce rhum et c’est un coup de coeur que j’ai eu en le dégustant. Le prix n’est pas déraisonnable je trouve. Un rhum de grande classe, avec un nez à tomber.
TCRL Guadeloupe 2014 43% :
Bizarrement c’est, avec le Fidji 2009, celui qui m’a le plus séduit au dernier Whisky Live. Son nez très parfumé plaira je pense à des novices souhaitant par un rum de mélasse s’initier à l’univers du rum.
Demerara 2002 Le Gus’t 46% :
Pour son côté atypique, un Demerara au fort accent Caroni. C’est vraiment ce côté étonnant  qui pourrait plaire aux amateurs de Caroni.
Savanna 10 ans Herr 60 ans LMDW 63,8% :
Si vous avez la chance de tomber dessus, prenez le pour découvrir quelque chose d’étonnant. C’est vraiment très particulier, personnellement j’ai adoré. Tout le monde n’aimera pas, mais vraiment c’est surprenant, et pour cela ça mérite d’être gouté.
Velier Royal Navy LMDW Cellar Book 57,2%
Un assemblage de rhums de Guyane Anglaise, Jamaïque et de Caroni. C’est étonnant : seul Caroni et la Jamaïque ressortent du lot, mais ce n’est pas pour me déplaire. Avec son caractère bien trempé et une explosion d’arômes, pour un prix « raisonnable », il a bien sa place dans cette « Rhumliste » de Noël.

Ma « whiskylist » pour Noël

Nous voilà déjà en fin d’année. Pour l’occasion, voici une petite sélection de rhums et whiskys que je vous recommande pour une idée cadeau de dernière minute ou tout simplement pour vous faire offrir.

Les Whiskys

Caol Ila 1990 Chinese Mask 49,2% :

Un très joli Caol Ila, complexe, bien équilibré, une vraie réussite.

 

 

Glenrothes Eiling Lim 50,2% :

Un parfait Sherry Bomb, tout en gardant un bon équilibre. De la gourmandise en bouteille…

 

Ben Nevis Le Gus’t 2006 51,3% :

Un excellent rapport qualité prix, et un sucré salé en bouche vraiment intéressant.

 

Auchentoshan 12ans  40% :

Avec sa triple distillation, Auchentoshan nous fait découvrir un whisky simple mais efficace. A la fois parfumé au nez et rond en bouche, il offre pour moi un bon rapport qualité prix.

Secret Distillery 9 ans 2008 LMDW Cellar Book 60,50 % : 

Malgré son jeune âge, ce Glenfarclas est impressionant ! Une concentration d’arômes autant au nez qu’en bouche. 

             

 

Kilkerran 12 ans  46% 

Un excellent rapport qualité prix, avec son vieillissement en fût de bourbon  (70%) et fût de sherry (30%). Un léger boisé avec une pointe de fumé qui caractérise la version 12 ans.                                                              

 Speyside 1973 Liquid Treasures 46,5%

Comme beaucoup de Speyside 1973 sortis cette année, je ne peux que conseiller ces whiskys de très bonne facture. Même s’il reste élévé, le tarif est raisonnable par rapport à une cuvée officielle d’une distillerie avec un âge similaire.

Chichibu IPA Cask Finish Of 57,5%

Un très grand Chichibu, d’un fruité superbe et avec cette petite amertume due au finish. Si vous avez la chance d’en trouver encore, n’hésitez pas car c’est vraiment très réussi.

 

Ardbeg Uigeadail Of 54,2% 

Pour moi le meilleur rapport qualité prix des whiskys tourbés. Le Uigeadail, avec son côté huileux et sa tourbe « crasseuse », fait partie des incontournables des whiskys tourbés à moins de 100€.