Du nouveau chez l’embouteilleuse Eiling Lim

Aujourd’hui sont disponibles 2 nouvelles références chez l’embouteilleuse Eiling Lim.

Benriach 1999/2018 19 ans 55% joint bottling with Shinanoya

 Premier embouteillage commun entre Eiling Lim et les Japonais de Shinanoya. Pour son 19ème embouteillage, le choix de Madame Eiling Lim s’est porté sur cette belle distillerie du Speyside, Benriach. Je dois avouer que j’affectionne particulièrement les vieux embouteillages de Benriach des années 60 ou 70. Là on reste sur quelque chose de plus jeune, avec 19 ans au compteur, mais cela reste suffisant pour que le potentiel se révèle. Cette édition est limitée à 250 bouteilles pour un prix d’environ 140€.

Enthousiasme :    / 5

Prix : 140€

Speyside 1992/2017 49,7%

On commence à voir pas mal de vieux Speyside des années 90 actuellement, tous n’ont pas forcément un grand intérêt, mais parfois on peut tomber sur de belles surprises. Pour cette édition limitée à 130 bouteilles et âgée de 25 ans, la distillerie ne peut être divulguée. Mais on sait qu’il s’agit d’une distillerie très connue et construite en 1822. Il faudra tout de même compter environ 155€ pour pouvoir l’acquérir mais je pense que le prix reste  » raisonnable » par rapport au prix d’un embouteillage officiel.

Enthousiasme :    / 5

Prix : 155€

Dictator, Zacapa, Don Papa et blablabla…

Dans une société où le consommateur souhaite de plus en plus de transparence face aux dérives des industriels, pourquoi le milieu du rhum ne se mobilise-t-il pas ?

En effet, un excellent article de Du Rhum.com a mis en lumière ce secret de polichinelle : certains rhums seraient modifiés pour en améliorer le goût.

Dans l’industrie alimentaire, cela est monnaie courante donc il semble finalement assez logique que cela se retrouve dans un produit comme le Rhum, dont la législation est assez souple.

Le rhum souffre d’un manque évident de transparence. La Martinique et la Guadeloupe ont fait avancer les choses en créant une AOC pour la Martinique et une IGP pour la Guadeloupe. Plus récemment, Luca Gargano ( Velier) et Richard Seal (Foursquare) ont tenté de faire évoluer la législation en proposant une classification plus claire des rhums selon leur méthode de distillation. Mais cela reste trop anecdoctique dans le milieu.

Cela ne répond pas aux attentes des consommateurs qui aimeraient certainement être informés d’un éventuel ajout de glycérol par exemple, un agent permettant d’améliorer la texture du rhum et de lui apporter un côté sucré. Même chose avec la Vanilline…etc etc…. 

Le succès des Zacapa, Don Papa, et autres Diplomatico ne serait dû qu’à une dérive des industriels souhaitant convertir aux rhums une clientèle non informée.

Imaginez, je distille un produit de faible qualité en gros volume, auquel je rajoute un peu de glycérol, un peu de Vanilline, le tout dans un pays à faibles coûts de main d’oeuvre, et à coup de bonne communication marketing, et hop le tour est joué ! J’obtiens un rhum à faible coût et très rentable, tout ça en ayant oublié d’être transparent! Et comme la législation n’est pas très contraignante en la matière et que l’on s’adresse à une clientèle peu informée, tout cela passe aisément…

 
Les consommateurs adorent ça, et c’est fait pour ! Au fond, un Diplomatico, un Zacapa et compagnie ne sont pas imbuvables, mais si l’on retirait les éléments permettant d’améliorer le goût, le seraient-ils toujours? de nombreuses fois, j’ai pu entendre en magasin, « le Zacapa c’est formidable, le Diplomatico j’adore »…. Dans un sens je ne disais rien, considérant tout simplement que ces références permettaient d’amener certains clients au monde du rhum et c’était pour moi le seul point positif que je voyais avec ces produits. Dans certains cas, ils sont un tremplin pour accéder au vrai rhum. J’ai souvenir d’une remarque d’un client qui critiquait un caviste embouteilleur sur google, car il lui avait conseillé du Botran plutôt que du Diplomatico ou du Don Papa; les bras m’en sont tombés. Pas tant que je considère Botran comme étant spécialement plus vertueux, mais simplement parce que je pense que la teneur en sucre y est clairement plus basse. Or, comme dans l’alimentation, le sucre a un rôle bien précis, celui de modifier le goût initial, de rendre les clients addicts au produit et de réduire les coûts de fabrication. Le consommateur aurait-il eu la même réaction s’il avait été informé en amont? N’aurait-il pas dit : je me suis fait avoir avec ces rhums, je vais peut-être goûter un bon martiniquais ou découvrir un Hampden ou autre? Peut-être ou peut être pas, mais dans tous les cas, il aurait goûté le produit en toute connaissance de cause. 

Je ne pourrais que conseiller aux personnes qui souhaitent voyager dans ce monde fabuleux du rhum, d’aller vers leur caviste ou sur les sites spécialisés, d’aller s’informer plutôt que d’attendre qu’on leur serve simplement un produit créé de toute pièce. Des distilleries comme Hampden, Foursquare, Long Pond, Demerara font des chosses fabuleuses avec la mélasse et il est dommage de perdre son temps avec des rhums comme Diplomatico, Don Papa, Zacapa ou Dictator qui faussent la percéption du rhum. Même si, je le répète, ces rhums ont quand même le mérite d’avoir permis à une nouvelle génération de s’intéresser au Rhum et ça, c’est vraiment un point positif.

 

« Cet article participe à l’évènement interblogueurs “Les produits spiritueux trafiqués, le ras-le-bol et comment les éviterorganisés par le blog Rhum et Whisky. Cet article participe donc à un projet d’information des consommateurs pour mieux savoir ce que l’on a dans le verre ! »

 

Nouveautées Rhum Le Gus’t Demerara 2002

Le Gus’t, ce petit embouteilleur du sud de la France, va sortir très prochainement deux nouveaux rhums de Demerara. Les précédentes versions étaient aussi de Guyana, mais bénéficiaient d’un vieillissement en fût de Caroni. Pour cette fois, pas de fût de Caroni. Il s’agit toujours d’un rhum de Guyana de la distillerie Demerara, avec une version « Full Proof », donc non diluée, c’est-à-dire au degré naturel lors de la sortie de fût. Et l’autre version est une version Optimum Proof, c’est-à-dire qu’elle a été mise en bouteille au degré jugé idéal par Le Gus’t. Outre la qualité remarquable des embouteillages Le Gus’t ainsi que leur rapport qualité prix, il faut noter que peu d’embouteilleurs ont l’occasion de nous faire découvrir des embouteillages de Demerara en vieillissement tropical.

Demerara 2002 Full Proof 66.9%

  • Age: 16 ans
  • Degré : 66.9%
  • Date de distillation : 04/04/02
  • Date de mise en bouteille : 14/09/18
  • Fût : Butt
  • Numéro de Fût : #13/R2002
  • Nombre de bouteille : 123
  • Enthousiasme :    / 5
  • Prix  : env 165€

 

Demerara 2002 Optimum Proof 60.4%

  • Age: 16 ans
  • Degré: 60.4%
  • Date de distillation : 04/08/02
  • Mise en bouteille : 14/09/18
  • Fût : Butt
  • Numéro de Fût : #13/R2002
  • Nombre de bouteille : 258
  • Enthousiasme :   / 5
  • Prix  : env 150€