Dégustation Aux Particules Vines Benjamin Kuentz

 

Benjamin Kuentz est de retour avec une nouvelle cuvée « Aux Particules Vines » présentée au Whisky live. Une cuvée à 46% distillée chez Rozelieures.

Au nez :

Une sensation de cave humide, j’ai l’impression de me trouver chez un vigneron. Fût humide, un peu de rancio, la noix, le beurre apparaîssent, avec un peu d’épices. Des notes de céréales de fruits blancs (poire, pomme) avec une nette dominante de poire. L’alcool se fait légèrement sentir sans être gênant.

En bouche :

Une attaque plutôt franche, sur la poire juteuse les cérales. Un léger boisé avec un peu d’épices apparaîssent. J’avais un peu peur que le vieillissement en fût de Bourgogne prenne le dessus, mais ce n’est pas le cas. La finale est moyennement longue se terminant sur les mêmes notes.

Un whisky léger, facile à boire, rappelant « D’un » Verre printanier mais plus abouti, grâce a ce vieillissement en fût de Bourgogne blanc.

Notes : 82

Rapport qualité prix :/4

Prix :59€

Whisky Le Guip Benjamin Kuentz

 

Troisième whisky édité par Benjamin Kuentz, le Guip est né d’une rencontre entre le chantier naval du Guip à Brest et Benjamin. Cette édition est un hommage à ces bateaux de bois affrontant cette mer bretonne si capricieuse…

A l’ouverture, c’est très fermé, mais l’iode et la tourbe sont dominantes; par la suite, de l’eau de vie de poire est présente aussi. L’ouverture lui fait clairement du bien, c’est plutôt très délicat avec un mélange de poire, de caramel au beurre salé, légèrement citronné, des algues, j’ai la sensation de cette odeur de plage bretonne. Un arôme de jeune malt herbacé est là en arrière plan, c’est à la fois jeune, fougueux, malté, tout en gardant une certaine maîtrise. Le boisé est discret, bien intégré, sympa.

En bouche, ce n’est pas mal du tout; son caractère ne s’effondre pas, sa petite touche tourbée qui est là en rappel parvient à nous faire glisser, toujours avec ces arômes de poire, de caramel, de malt sur une finale bien iodée et un peu chocolatée. Ca reste fluide, fin, et la finale est bien explosive avec l’iode. A noter que la dilution lui fait le plus grand bien.

Un whisky très sympathique; le nez est pour moi un petit ton en dessous avec un alcool un peu trop présent à mon goût, mais la bouche ainsi que la finale sont vraiment très plaisants. Un jeune (8ans) Armorik qui ne démérite pas et une cuvée qui mérite l’attention.

Note : 84

Rapport qualité prix :/4

Prix : 75€

Rencontre avec Benjamin Kuentz, un embouteilleur de whisky français pas comme les autres

 

Voici ma deuxième interview, réalisé avec Mr Benjamin Kuentz. Pour la petite histoire j’ai connu Mr Kuentz lors d’une visite dans une cave à St Renan petite ville du finistère. Mr Kuentz était présent pour faire découvrir ces produits au caviste. Je l’ai entendu un peu parler de son projet, et je me suis dis c’est original comme idée ! Je n’avais pas entendu son nom, et le caviste était incapable de me le dire, étant peu emballé par l’idée. Ce n’est que plus tard que j’ai fais le rapprochement. Le projet me semblant intéressant, j’ai décidé de contacter Mr Kuentz pour une interview.

Q: Tout d’abord est-ce que vous pouvez nous parler de vous, Monsieur Kuentz, et de votre parcours ?Pouvez-nous nous raconter quand et comment vous est venue cette idée d’embouteiller des whiskys français ? Car c’est plutôt une idée audacieuse !

Copyright W.Beaucardet

R: J’ai 39 ans, vis à Paris et suis amateur de whisky depuis toujours. J’ai réellement découvert le whisky à l’âge de 20ans en 2001 lors de mes études à Montréal au Canada. Je passais alors plusieurs soirées par mois au pub écossais l’île noire à déguster des whiskies parmi les 140 qu’ils proposaient à la carte (que j’ai toujours avec moi d’ailleurs).
En sortant de mes études, j’ai choisi de diriger un restaurant pendant 1 an avant de travailler pendant 7 ans dans un grand groupe de spiritueux. J’ai ensuite créer la filiale française d’un institut d’étude pour mettre en place un outil de suivi de la consommation de boissons en CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants).
J’ai en tête de lancer mes whiskies français depuis 8ans environ. A l’époque, je m’étonnais que les français, premiers amateurs et consommateurs de scotch whisky au monde, aient une production de whisky limitée malgré leur savoir-faire reconnu mondialement en matière de vins et spiritueux. Il fallait y remédier. Fort de notre terroir et de notre diversité régionale, nous avions forcément notre interprétation à donner en matière d’eau de vie de céréales.
J’ai donc choisi en 2016 de me mettre à plein temps sur ce projet et d’engager un tour de France à la recherche de partenaires susceptibles de m’accompagner dans mon projet.
Au fur et à mesure des rencontres que je faisais, j’avais des envies de whiskies totalement différents en fonction des personnes et des savoir-faire que je rencontrais. Plutôt que de m’arrêter à créer un whisky qui venait d’une seule région et qui finalement était déjà très bien représenté, j’ai choisi de travailler en partenariat avec plusieurs producteurs pour créer des whiskies qui me représentent.
Mon souhait est de répondre à la question : « Si les français avaient inventé le whisky, qu’est ce que cela donnerait ?  » en proposant une gamme de whiskies complémentaires qui représente la diversité de notre savoir-faire et de notre terroir.

Q : Par ailleurs, qu’est ce qui vous a motivé à choisir un format 50cl ?

Copyright W.Beaucardet

R : j’ai choisi le format 50cl car je trouve que c’est un bon format pour découvrir un nouveau produit, d’autant plus dans une période où on privilégie le ‘consommer moins mais consommer mieux ». Par ailleurs, je souhaitais également garder un prix raisonnable et abordable que le format de 70cl ne me permettait pas d’atteindre sans rogner sur certains critères de qualité que je m’étais fixé.

 

Q: Pour l’instant à ma connaissance il y a 2 cuvées (Fin de partie et D’un verre printanier), qui sont issues d’une collaboration avec Rozelieures. Pourquoi cette distillerie en particulier pour vos premiers embouteillages ?

Copyright W.Beaucardet

R: Tout d’abord parce que j’apprécie leur travail et leur approche. Ensuite, c’est une histoire de rencontre et de partage qui permet d’aboutir à une relation de collaboration parfaite.

 

Q: Ce que j’aime bien savoir en général, c’est ce qui vous a amené à sélectionner un fût. Qu’est ce qui détermine votre choix, quels critères… ?

R: J’avance beaucoup en suivant mon intuition. Chaque recette est issue d’une rencontre, d’une histoire que je souhaite partager. Une fois la recette écrite sur le papier, je la partage avec mes partenaires et c’est un réel échange de co-auteur qui se met en place. Le choix de fût en découle naturellement.

Copyright W.Beaucardet

Q: Je sais que c’est difficile de répondre à cela car chaque distillerie a son propre style, mais dans vos recherches est-ce qu’il y a une distillerie française qui pour vous sort du lot ?

R: chaque distillerie a son mot à dire et apporte sa graine à l’écriture du whisky français. Il n’y en a pas une qui sort du lot plus que l’autre pour moi. C’est d’ailleurs cela qui m’a donné envie de travailler avec plusieurs d’entre elles. Je souhaitais garder la liberté de pouvoir créer des whiskies venant d’horizons différents au sein de ma gamme.

Copyright W.Beaucardet

Q: Pour l’instant quels sont vos retours de la part des professionnels et des particuliers ?

R: les retours sont très positifs de la part des professionnels comme des particuliers. Ils sont très agréablement surpris, curieux et sont avides de voir la suite.

Q: Maintenant concernant les prochaines cuvées, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Copyright W.Beaucardet

R: la prochaine cuvée sera un Single Cask qui viendra de l’Ouest de la France. Ensuite, c’est une affaire de temps. Certains projets que j’initie actuellement arriveront dans plusieurs années : Tout vient à point à qui sait attendre !

Page Facebook Benjamin Kuentz : @MaisonBenjaminKuentz

Instragram : maisonbenjaminkuentz