Rencontre avec Benjamin Kuentz, un embouteilleur de whisky français pas comme les autres

 

Voici ma deuxième interview, réalisé avec Mr Benjamin Kuentz. Pour la petite histoire j’ai connu Mr Kuentz lors d’une visite dans une cave à St Renan petite ville du finistère. Mr Kuentz était présent pour faire découvrir ces produits au caviste. Je l’ai entendu un peu parler de son projet, et je me suis dis c’est original comme idée ! Je n’avais pas entendu son nom, et le caviste était incapable de me le dire, étant peu emballé par l’idée. Ce n’est que plus tard que j’ai fais le rapprochement. Le projet me semblant intéressant, j’ai décidé de contacter Mr Kuentz pour une interview.

Q: Tout d’abord est-ce que vous pouvez nous parler de vous, Monsieur Kuentz, et de votre parcours ?Pouvez-nous nous raconter quand et comment vous est venue cette idée d’embouteiller des whiskys français ? Car c’est plutôt une idée audacieuse !

Copyright W.Beaucardet

R: J’ai 39 ans, vis à Paris et suis amateur de whisky depuis toujours. J’ai réellement découvert le whisky à l’âge de 20ans en 2001 lors de mes études à Montréal au Canada. Je passais alors plusieurs soirées par mois au pub écossais l’île noire à déguster des whiskies parmi les 140 qu’ils proposaient à la carte (que j’ai toujours avec moi d’ailleurs).
En sortant de mes études, j’ai choisi de diriger un restaurant pendant 1 an avant de travailler pendant 7 ans dans un grand groupe de spiritueux. J’ai ensuite créer la filiale française d’un institut d’étude pour mettre en place un outil de suivi de la consommation de boissons en CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants).
J’ai en tête de lancer mes whiskies français depuis 8ans environ. A l’époque, je m’étonnais que les français, premiers amateurs et consommateurs de scotch whisky au monde, aient une production de whisky limitée malgré leur savoir-faire reconnu mondialement en matière de vins et spiritueux. Il fallait y remédier. Fort de notre terroir et de notre diversité régionale, nous avions forcément notre interprétation à donner en matière d’eau de vie de céréales.
J’ai donc choisi en 2016 de me mettre à plein temps sur ce projet et d’engager un tour de France à la recherche de partenaires susceptibles de m’accompagner dans mon projet.
Au fur et à mesure des rencontres que je faisais, j’avais des envies de whiskies totalement différents en fonction des personnes et des savoir-faire que je rencontrais. Plutôt que de m’arrêter à créer un whisky qui venait d’une seule région et qui finalement était déjà très bien représenté, j’ai choisi de travailler en partenariat avec plusieurs producteurs pour créer des whiskies qui me représentent.
Mon souhait est de répondre à la question : « Si les français avaient inventé le whisky, qu’est ce que cela donnerait ?  » en proposant une gamme de whiskies complémentaires qui représente la diversité de notre savoir-faire et de notre terroir.

Q : Par ailleurs, qu’est ce qui vous a motivé à choisir un format 50cl ?

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R : j’ai choisi le format 50cl car je trouve que c’est un bon format pour découvrir un nouveau produit, d’autant plus dans une période où on privilégie le ‘consommer moins mais consommer mieux ». Par ailleurs, je souhaitais également garder un prix raisonnable et abordable que le format de 70cl ne me permettait pas d’atteindre sans rogner sur certains critères de qualité que je m’étais fixé.

 

Q: Pour l’instant à ma connaissance il y a 2 cuvées (Fin de partie et D’un verre printanier), qui sont issues d’une collaboration avec Rozelieures. Pourquoi cette distillerie en particulier pour vos premiers embouteillages ?

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R: Tout d’abord parce que j’apprécie leur travail et leur approche. Ensuite, c’est une histoire de rencontre et de partage qui permet d’aboutir à une relation de collaboration parfaite.

 

Q: Ce que j’aime bien savoir en général, c’est ce qui vous a amené à sélectionner un fût. Qu’est ce qui détermine votre choix, quels critères… ?

R: J’avance beaucoup en suivant mon intuition. Chaque recette est issue d’une rencontre, d’une histoire que je souhaite partager. Une fois la recette écrite sur le papier, je la partage avec mes partenaires et c’est un réel échange de co-auteur qui se met en place. Le choix de fût en découle naturellement.

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Q: Je sais que c’est difficile de répondre à cela car chaque distillerie a son propre style, mais dans vos recherches est-ce qu’il y a une distillerie française qui pour vous sort du lot ?

R: chaque distillerie a son mot à dire et apporte sa graine à l’écriture du whisky français. Il n’y en a pas une qui sort du lot plus que l’autre pour moi. C’est d’ailleurs cela qui m’a donné envie de travailler avec plusieurs d’entre elles. Je souhaitais garder la liberté de pouvoir créer des whiskies venant d’horizons différents au sein de ma gamme.

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Q: Pour l’instant quels sont vos retours de la part des professionnels et des particuliers ?

R: les retours sont très positifs de la part des professionnels comme des particuliers. Ils sont très agréablement surpris, curieux et sont avides de voir la suite.

Q: Maintenant concernant les prochaines cuvées, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?

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R: la prochaine cuvée sera un Single Cask qui viendra de l’Ouest de la France. Ensuite, c’est une affaire de temps. Certains projets que j’initie actuellement arriveront dans plusieurs années : Tout vient à point à qui sait attendre !

Page Facebook Benjamin Kuentz : @MaisonBenjaminKuentz

Instragram : maisonbenjaminkuentz

Benjamin Kuentz Dégustation

J’ai eu aujourd’hui le plaisir de déguster 2 whiskys français réalisés par Benjamin Kuentz, qui m’a gentiment adressé des échantillons.
Je suis toujours un peu dubitatif sur les whiskys français, non pas parce qu’ils sont de mauvaise qualité, mais parce qu’il leur manque souvent un petit palier pour vraiment jouer dans la cour des grands. J’ai souvent entendu l’argument de l’âge pour expliquer cela. Peut-être, mais pourquoi des distilleries comme Kilchoman ou Chichibu arrivent à sortir des whiskys plutôt jeunes,mais de très bonne facture?
(D’un) verre Printanier 46%

Au nez :

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Le nez est très expressif, sans agressivité aucune. La poire est très très présente, une petit note céréalière arrive en arrière plan. Une belle fraîcheur égaie le nez. C’est très agréable, pas d’une grand complexité, mais c’est direct et intense.
En bouche :
Toujours sur cette poire justeuse… La rondeur apporte un peu de gourmandise à ce whisky. L’alcool est un peu plus présent, sans pour autant déséquilibrer l’ensemble. C’est très bien fait, léger et très agréable; il manque juste une petite pointe de complexité pour moi. La finale est longue, avec une poire qui reste persistante. Je suis agréablement surpris.
Conclusion :
J’imagine bien ce whisky en apéritif. Un petit verre dehors avec ce petit rayon de soleil qui nous réchauffe au printemps… Un whisky frais, léger, agréable, qui manque certes un petit peu de complexité- je pense aussi que c’est un peu jeune- mais c’est quand même très bien fait. Un joli coup d’essai, Mr Kuentz!
Note : 82
rapport qualité prix :  /4
Prix : env 54€
Fin de partie 46%

Au nez :

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Le profil est bien différent du premier; on est plus sur le fruit confit avec un léger boisé qui apporte une note légèrement épicée, le rendant un peu plus chaleureux.
En bouche :
Il reste très bien équilibré même si la dilution se fait un peu sentir à mon goût. On reste dans la même lignée que le nez: le fruit confit, un côté un peu animal, des épices, du chocolat et une note boisée. Ça reste léger, facile à boire. Plus complexe et structuré que (D’un) verre printanier.

 

Conclusion :                                                                                  Davantage portée sur des notes chaudes, Fin de partie joue la carte de fins de soirée, celles où l’on refait le monde devant un feu de cheminée. C’est plutôt réussi dans l’ensemble, un style différent de la cuvée (D’un) verre printanier. Un whisky élégant.

Note : 83
rapport qualité prix :  /4
Prix : env 59€
Pour ses deux premières cuvées, Benjamin Kuentz propose quelque chose de véritablement intéressant. Les débuts sont prometteurs et je pense qu’il va falloir surveiller ce Monsieur, car il y a quelque chose dans le verre, c’est indéniable !