Longueteau Genesis 2016 ambré 72,3%

Aujourd’hui un petit retour sur le Genesis Ambré de chez Longueteau. Le Genesis Ambré est un rhum agricole brut de colonne vieilli 24 mois en fût de chêne français, venant de Guadeloupe. Cette série est limitée à 5000 bouteilles titrant à 72,3%.

Au premier abord, l’alcool se fait bien sentir. Avec un peu d’ouverture, de la fraîcheur apparaît, des arômes de canne fraîche, d’iode, de paille, de vanille et une légère pointe d’agrumes. Dans un deuxième temps, des notes plus épicées viennent apporter de la complexité avec de la noix de muscade, de la réglisse et de la badiane.

En bouche, l’alcool apporte une certaine sécheresse, lui donnant un côté franc, droit. Il persiste quand même un gras et une douceur qui contre-balancent cette sécheresse. En termes d’arômes, la réglisse et l’iode dominent, la vanille reste présente mais est un peu plus en retrait qu’au nez. La finale est vraiment longue, et chaleureuse.

Un rhum classe, élégant, avec une belle personnalité. Le prix reste un peu élevé pour un rhum jeune, mais il ne faut pas oublier que vu son degré très élevé, les taxes le sont forcément d’autant plus. Je reste agréablement surpris par ce rhum.

Prix : 85€

Rapport qualité prix :/4

Note : 88

Dictator, Zacapa, Don Papa et blablabla…

Dans une société où le consommateur souhaite de plus en plus de transparence face aux dérives des industriels, pourquoi le milieu du rhum ne se mobilise-t-il pas ?

En effet, un excellent article de Du Rhum.com a mis en lumière ce secret de polichinelle : certains rhums seraient modifiés pour en améliorer le goût.

Dans l’industrie alimentaire, cela est monnaie courante donc il semble finalement assez logique que cela se retrouve dans un produit comme le Rhum, dont la législation est assez souple.

Le rhum souffre d’un manque évident de transparence. La Martinique et la Guadeloupe ont fait avancer les choses en créant une AOC pour la Martinique et une IGP pour la Guadeloupe. Plus récemment, Luca Gargano ( Velier) et Richard Seal (Foursquare) ont tenté de faire évoluer la législation en proposant une classification plus claire des rhums selon leur méthode de distillation. Mais cela reste trop anecdoctique dans le milieu.

Cela ne répond pas aux attentes des consommateurs qui aimeraient certainement être informés d’un éventuel ajout de glycérol par exemple, un agent permettant d’améliorer la texture du rhum et de lui apporter un côté sucré. Même chose avec la Vanilline…etc etc…. 

Le succès des Zacapa, Don Papa, et autres Diplomatico ne serait dû qu’à une dérive des industriels souhaitant convertir aux rhums une clientèle non informée.

Imaginez, je distille un produit de faible qualité en gros volume, auquel je rajoute un peu de glycérol, un peu de Vanilline, le tout dans un pays à faibles coûts de main d’oeuvre, et à coup de bonne communication marketing, et hop le tour est joué ! J’obtiens un rhum à faible coût et très rentable, tout ça en ayant oublié d’être transparent! Et comme la législation n’est pas très contraignante en la matière et que l’on s’adresse à une clientèle peu informée, tout cela passe aisément…

 
Les consommateurs adorent ça, et c’est fait pour ! Au fond, un Diplomatico, un Zacapa et compagnie ne sont pas imbuvables, mais si l’on retirait les éléments permettant d’améliorer le goût, le seraient-ils toujours? de nombreuses fois, j’ai pu entendre en magasin, « le Zacapa c’est formidable, le Diplomatico j’adore »…. Dans un sens je ne disais rien, considérant tout simplement que ces références permettaient d’amener certains clients au monde du rhum et c’était pour moi le seul point positif que je voyais avec ces produits. Dans certains cas, ils sont un tremplin pour accéder au vrai rhum. J’ai souvenir d’une remarque d’un client qui critiquait un caviste embouteilleur sur google, car il lui avait conseillé du Botran plutôt que du Diplomatico ou du Don Papa; les bras m’en sont tombés. Pas tant que je considère Botran comme étant spécialement plus vertueux, mais simplement parce que je pense que la teneur en sucre y est clairement plus basse. Or, comme dans l’alimentation, le sucre a un rôle bien précis, celui de modifier le goût initial, de rendre les clients addicts au produit et de réduire les coûts de fabrication. Le consommateur aurait-il eu la même réaction s’il avait été informé en amont? N’aurait-il pas dit : je me suis fait avoir avec ces rhums, je vais peut-être goûter un bon martiniquais ou découvrir un Hampden ou autre? Peut-être ou peut être pas, mais dans tous les cas, il aurait goûté le produit en toute connaissance de cause. 

Je ne pourrais que conseiller aux personnes qui souhaitent voyager dans ce monde fabuleux du rhum, d’aller vers leur caviste ou sur les sites spécialisés, d’aller s’informer plutôt que d’attendre qu’on leur serve simplement un produit créé de toute pièce. Des distilleries comme Hampden, Foursquare, Long Pond, Demerara font des chosses fabuleuses avec la mélasse et il est dommage de perdre son temps avec des rhums comme Diplomatico, Don Papa, Zacapa ou Dictator qui faussent la percéption du rhum. Même si, je le répète, ces rhums ont quand même le mérite d’avoir permis à une nouvelle génération de s’intéresser au Rhum et ça, c’est vraiment un point positif.

 

« Cet article participe à l’évènement interblogueurs “Les produits spiritueux trafiqués, le ras-le-bol et comment les éviterorganisés par le blog Rhum et Whisky. Cet article participe donc à un projet d’information des consommateurs pour mieux savoir ce que l’on a dans le verre ! »

 

Nouveautés Rhum L’esprit

J’avais pu déguster à l’occasion du Rhum Fest 3 nouveautés signées de l’embouteilleur Breton « L’esprit ». Dans mon compte rendu du Rhum Fest 2018 (http://lhommequiaimaitlerhumetlewhisky.com/index.php/2018/04/11/rhum-fest-2018/ ) j’en avais parlé avec beaucoup d’enthousiasme.

Rum blanc de Guyana

  • Origine : Guyana
  • Distillerie : Diamond
  • Degré : 84,9%
  • Type : mélasse / Brut de colonne
  • Nombre de bouteilles : 220
  • Note : 82
  • Prix de vente : env 85€

Rum blanc South Pacific

  • Origine : Ile Fidji
  • Distillerie: non communiqué
  • Degré : 83%
  • Type mélasse, grand arôme, brut d’alambic
  • Nombre de bouteilles : 180
  • Note : 84
  • Prix de vente : env 75€

Rum  Beenleigh

  • Origine : Australie
  • Distillerie : Beenleigh
  • Degré : 78%
  • Type : mélasse, fermentation longue (12 jours) brut de fût
  • Nombre de bouteilles : 210
  • Note : 89
  • Prix : env 80€